Co-fondateur de No More Robots, Mike Rose déplore la prolifération de l’IA dans le monde du jeu vidéo, qu’il considère comme condamné par la paresse humaine.
Ces dernières années, les débats liés à l’IA générative n’ont cessé de prendre de plus en plus d’ampleur au sein de notre société, et en particulier de l’industrie du jeu vidéo. Car si de nombreux joueurs sont encore farouchement opposés à son utilisation, de plus en plus de studios, de leur côté, cèdent à l’appel de l’IA, au moins en tant qu’outil de soutien. Des technologies comme le DLSS 5, qui a récemment fait polémique, peuvent en témoigner. Pour Mike Rose, co-fondateur de la compagnie No More Robots, cela revient toutefois à ouvrir la boîte de Pandore.
Un éditeur dénonce l’utilisation de l’IA dans le jeu vidéo
À l’occasion d’une interview menée par GamesRadar+, cet éditeur britannique indépendant n’a en effet pas mâché ses mots pour exprimer tout le mal qu’il pense de l’IA générative. « Du point de vue des éditeurs en particulier, c’est extrêmement agaçant » a-t-il déclaré. « Si on trouvait déjà fou le nombre de jeux lancés sur Steam auparavant, c’est tout simplement impossible aujourd’hui. Lors du dernier Next Fest, il semblait qu’environ un tiers des démos comportaient soit des visuels générés par IA, soit du contenu généré par IA », déplore notamment Rose.
Un constat qu’il est d’ailleurs loin d’être le seul à faire, puisque John Buckley, directeur d’édition et de publication chez Pocketpair, soulignait exactement la même chose quelques semaines plus tôt. Et pour le co-fondateur de No More Robots, cela devient inévitablement un problème lorsque des plateformes comme Steam se retrouvent par conséquent noyées sous des milliers de nouveaux jeux conçus à l’IA, parmi lesquels il devient de plus en plus difficile de faire le tri. « Ça me donne la nausée de regarder de l’art généré par IA », affirme d’ailleurs Rose à ce sujet.

Pour lui, la boîte de Pandore a été ouverte
Et la situation lui semble d’autant plus alarmante qu’il n’hésite pas à comparer l’insertion de l’IA dans le jeu vidéo à l’ouverture de la boîte de Pandore, c’est-à-dire comme une chose avec laquelle il est désormais impossible de revenir en arrière. « Elle ne disparaîtra probablement plus jamais » affirme-t-il auprès de GamesRadar+. « Les gens peuvent désormais créer des choses en demandant à une IA de les faire à leur place. Et tu sais, le problème, c’est que les humains sont super paresseux. Et je ne dis pas ça comme une insulte ! On l’est, c’est tout ».
« De fait, pour beaucoup de gens, s’ils ont le choix entre ‘dépenser beaucoup de temps et d’argent à créer quelque chose de sympa’, et ‘entrer quelques instructions dans un programme IA pour que le résultat soit prêt en un clin d’œil’, le grand public optera pour la deuxième option » assure-t-il avec un certain fatalisme. « Et c’est bien là le problème : ce qu’on en pense n’a aucune importance. Peu importe qu’une partie d’entre nous n’apprécie pas l’IA générative. Elle va être utilisée à partir de maintenant, et de plus en plus. Comme disent les jeunes : les jeux vidéo sont foutus ».
L’espoir reste malgré tout présent
Heureusement pour Rose, en dépit de la prolifération de l’IA au sein de l’industrie, beaucoup de joueurs continuent malgré tout de prêter attention à ce détail dans leurs jeux, et n’hésitent pas à lever les boucliers dès que l’occasion se présente. La réception réservée à l’annonce du DLSS 5 par NVIDIA en reste probablement le meilleur exemple, les joueurs n’ayant pas hésité à dénoncer cette technologie et à la moquer sur les réseaux sociaux. Peut-être le jeu vidéo n’est-il pas encore totalement condamné par l’IA, finalement ?
Source : GamesRadar+